Comme un roman
+Le verbe lire ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe " aimer " ... le verbe " rêver " ...
On peut toujours essayer bien sûr. Allez-y : " Aime- moi ! " - " Rêve ! - " Lis ! " - " Lis ! Mais lis, bon sang, je t'ordonne de lire ! "
- Monte dans ta chambre et lis !
Résultat ?
Néant
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L'homme construit des maisons parce qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il se sait mortel.
Il habite en bande parce qu'il est grégaire, mais il lit parce qu'il se sait seul. Cette lecture lui est une compagnie qui ne prend la place d'aucune autre, mais qu'aucune autre compagnie ne saurait remplacer. Ele ne lui offre aucune explication définitive sur son destin mais tisse un réseau serré de connivences qui disent le paradoxal bonheur de vivre alors même qu'elles éclairent l'absurdité tragique de la vie. En sorte que nos raisons de lire sont aussi étranges que nos raisons de vivre. Et nul n"est mandaté pour nous réclamer de comptes sur cette intimité-là.

Comme un roman de Daniel Pennac, est plus qu'un roman. Il est un outil indispensable pour comprendre les rapports passionnels et conflictuels de l'enfant et la lecture. Quand l'auteur dis " Le erbe lire ne supporte pas l'impératif" il a, je pense, mille fois raison. Aussi, s'appuie-t-il sur son expérience d'enseignant "Vous ne voulez pas lire ... eh bien c'est moi, votre prof qui vais lire.. à haute voix... et les potaches ont fini le livre de leur plein gré ! Quelle leçon !!
J'ai lu personnellement ce livre à sa sortie en librairie et ai cessé d'essayer de me mêler du problème lecture de mes enfants. Cécile aujourd'hui (17 ans) lit jusqu'à 5 livres par semaine. Elle a entre autres dévoré les 15 sélections du Goncourt jeunesse en trois semaines. Je suis moi-même un tordu de lecture mais je vous asure que je n'y suis pour rien sauf qu'il y a partout dans la maison à portée d'yeux et de mains des tonnes de livres qui ne sont pas reliés et ne servent pas à décorer les bibliothèque, bien au contraire !
Je voudrais juste finir par une anecdote personnelle....
Un soir sur un plateau télé étaient réunis Christian Laborde, prof de lettres, Daniel Pennac et Claude Nougaro. Au cours de cette soirée Pennac a pris un livre et s'adressant à nous téléspectateurs : "Je voudrais vous lire un passage du livre de Daniel Picouly qui a fait un roman de sa vie résumé en une journée... et il nous lit le passage (2 pages environ) de la dictée extrait de ' Le champ de personne ' .. le lendemain j'ai couru acheté le livre... Rien qu'en l'entendant lire ce passage il m'avait donné l'envie de le lire. Cela prouve encore qu'on peut peut aimer lire autrement qu'en y étant forcé familialement ou scolairement
Comme un cadeau
Pennac, un auteur Majuscule
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