La parabole des 3 anneaux

Il y a très longtemps vivaiat en Orient un homme qui possèdait - cadeau d'une main aimée - une bague d'une valeur inestimable. La pierre était une opale, chatoyant de mille belles couleurs. Elle avait la vertu secrète de rendre agréable à Dieu et aux hommes quiconque la portait animé de cette conviction.
  
Quoi d'étonnant à ce que notre oriental la portât toujours au doigt, et qu'il prît la décision de la conserver éternellement à sa maison ? Voici ce qu'il fît : Il légua la bague au plus aimé de ses fils - en précisant que celui-ci, à son tour, la lèguerait à son fils préféré et que, perpétuellement, le fils préféré, sans considération de naissance, par la seule vertu de la bague, deviendrait le chef, le premier de sa Maison -
  
Cette bague, ainsi transmise de père en fils, finit par échoir un jour à un père de trois garçons : tous trois lui obéïssaient pareillement, et lui ne pouvait s'empêcher de les chérir tous trois pareillement.
Parfois seulement, quand il se trouvait seul avec l'un d'entre eux, chacun à tour de rôle, et que les deux autres ne partageaient pas l'épanchement de son coeur, chacun,à tour de rôle, lui semblait le plus digne de la bague...
 
Il eut alors la pieuse faiblesse de la promettre à chacun des trois...
 
Cela dura ce que cela dura... Mais arrive l'heure de la mort, et le bon père se trouve dans l'embarras. Il souffre à l'idée de blesser deux de ses fils qui se fient à sa promesse.
  
Que faire ?
  
Il s'adresse secrètement à un artisan, et lui commande deux autres bagues sur le modèle de la sienne, avec ordre de ne ménager ni peine ni argent pour les faire en tous points semblables à la première.
  
L'artiste y parvient. Lorsqu'il apporte les bagues, le père est incapable de distinguer l'originale. Rassuré, il convoque des fils - chacun séparemment- donne à chacun sa bénédiction - et sa bague - et meurt.
  
La suite se conçoit d'elle-même - A peine le bon père disparu, chacun arrive avec sa bague, chacun veut être le maître de la Maison. Enquête, querelles, accusations, rien n'y fait : impossible de prouver qu'elle est la vraie bague.

 
Presque aussi impossible que pour nous - aujourd'hui -  la vraie foi.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :