La théorie du grain de sable T. 1 & 2 de Schuiten et Peeters

Publié le par Pachy

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A Brüsel, ville où le fantastique a élu domicile et où tout est possible, d’étranges événements se succèdent. C’est d’abord une paisible mère de famille, madame Antipova, qui ne sait quoi penser quand le sable envahit peu à peu sa maison. Elle doit vite se rendre à l’évidence : non, ses enfants ne sont pas responsables. Et bientôt, elle est obligée de faire appel à une voisine pour se débarrasser de ces milliards de grains de sable qui risquent de transformer son domicile en une dune géante. Monsieur Abeels, lui, reste perplexe face à ces mystérieuses pierres qui apparaissent comme par magie dans son petit appartement et finissent par occuper l’espace, au risque de faire plier le plafond du voisin du dessous. Quant à monsieur Maurice, le restaurateur, il ne cache pas son étonnement : plus il mange, plus il maigrit. Le voilà obligé de lester ses chaussures puis de s’accrocher au sol s’il ne veut pas flotter dans les airs, faisant fuir une clientèle d’abord amusée mais vite effrayée par un tel sortilège. Quel est le point commun – s’il y en a un – entre tous ces phénomènes ? Le séjour à Brüsel d’un étonnant voyageur, Gholam Mortiza Khan, un haut dignitaire d’une tribu du Boulachistan venu négocier la vente de bijoux, serait-elle une explication ? Malheureusement, l’homme a disparu tragiquement, percuté par un tram juste devant le restaurant de monsieur Maurice. Une femme, madame Von Rathen, va tenter de débrouiller l’écheveau compliqué de ces mystères en série. Mais Brüsel ne se laisse pas si facilement apprivoiser par la logique… Nouvel épisode de la saga des Cités obscures,
  
La Théorie du grain de sable permet au lecteur familier de l’œuvre de Schuiten et Peeters de retrouver quelques-uns des personnages qui composent cet univers parallèle, à commencer par madame Von Rathen qui n’est autre que Mary la penchée, tandis que d’autres figures comme Wappendorf sont évoquées au détour d’une case. Schuiten et Peeters se sont amusés à partir d’un petit rien, un détail anodin dont on imagine mal qu’il puisse donner naissance à une de leurs histoires les plus fantastiques. Ici, c’est une série de grains de sable retrouvés sous une armoire qui lancent le récit et le font bientôt basculer du côté de l’irrationnel. Benoît Peeters, le scénariste des Cités et grand spécialiste de Tintin, explique qu’il a toujours été fasciné par les premières cases de certains albums d’Hergé où l’aventure démarre par un événement on ne peut plus banal, comme la découverte d’une sacoche oubliée sur un banc dans Le Sceptre d’Ottokar. Le fantastique naît de la banalité. Il se nourrit du réel pour mieux le dépasser et faire chavirer le récit dans un ailleurs improbable, attirant ainsi le lecteur dans une autre dimension. Ces cités obscures n’ont pas fini de révéler leurs méandres insoupçonnés et constituent l’une des œuvres les plus originales de la bande dessinée d’aujourd’hui.

 
J'ajouterai à cette exellente présentation faite par la FNAC que l'univers de Schuiten et Peeters est des plus sophistiqués. Les dessins sont de pures oeuvres architecturales. Les histoires tiennent debout. On peut me taxer de perti pris puisque c'est pure réalité. Je me régale à chaque nouvel album signé de ces deux monstres de la bande dessinée
Mais attention, ce n'est pas un genre facile
 
+décevant
++moyen
+++ bien ++++ très bien
+++++ excellent + coup de coeur

Publié dans CUISINE

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