De l'autre côté du pont

Publié le par Pachy

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Je ne peux résister à l'envie de partager avec vous cette très belle et triste histoire. Elle est, malheureusement bien réelle.
Bosko Brokic  était serbe, Admira Ismic; bosniaque. Tous deux avaient 24 ans et s'étaient rencontrés en 1984 lors d'un réveiloon de Noël... (quel symbole !). Ils vivaient depuis une très belle histoire d'amour.... et la guerre.
1992, Sarajevo est assiégée  par les serbes de Bosnie,  Bosko et Admira vivent chacun à une extrémité de la ville et parcourent, chaque jour
au mépris des balles et des obus, huit kilomètres pour se retrouver . Le 13 mai 1993, alors qu'ils tentent de fuir la ville, ils sont abattus par un tireur embusqué.
Personne ne pourra oublier l'image de leurs deux corps enlacés sur un pont, unis pour l'éternité.
La folie des hommes se fout bien des belles histoires d'amour....


Salvatore Adamo a composé un magnifique texte qu'il a mit en chanson pour l'album 'La vie comme elle passe'. Écoutez-la. Écoutez les autres titres. P
eut-être découvrirez-vous un veritable poëte, un des derniers vrais chanteurs engagés.

Amira et Bochko s'aimaient d'amour tendre
Mais à Sarajevo qui aurait pu comprendre
Que le coeur d'une musulmane
Puisse battre pour celui
Que la raison condamne
Le Serbe, l'ennemi... l'ennemi


Mais de l'autre côte du pont
C'est déjà la frontière
De l'autre côté du pont
Il n'y a pas la guerre
Les soldats comprendront
Ils sont tous de notre âge
De l'autre côté du pont
On fera un beau mariage


Amira et Bochko marchent vers l'autre rive
Les mains nues, le coeur gros et l'âme bien naïve
"Soldats, ne tirez pas!
On est jeune et on s'aime
La guerre on n'en veut pas
Où est donc le problème...
"Nous on s'aime".

Mais de l'autre côté du pont
Ou de ce côté qu'importe
C'est la loi du canon
C'est l'horreur qui l'emporte
Amira et Bochko
Les yeux dans les étoiles
En un parfait duo
Tombent sous la rafale


Amira et Bochko foudroyés en plein rêve
Dorment depuis bientôt quatre nuits sous la neige
Et personne n'accourt
Ni Musulmans, ni Serbes,
Juste quelques vautours
Pas une fleur, pas une gerbe... pas une gerbe.

Mais de l'autre côté du pont
C'est déjà la frontière
De l'autre côté du pont
En on a rien à faire
Le fleuve sous le pont
Coule toujours le même
Y a que dans les chansons
Qu'on fête ceux qui s'aiment

Publié dans des belles choses

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Heureuse 22/02/2008 10:35

Je suis d'accord avec toi : c'est de la poésie. pas besoin de jolies rimes. Juste des mots qui touchent le coeur.